- une "mémoire juive", une "mémoire de la Shoah" qui émerge bien plus difficilement
- la découverte des camps, le procès de Nuremberg : des chocs profondément médiatisés

photo mémoire juive - procès de Nuremberg

- un "grand silence" (A. Wievorka) ensuite : des rescapés qui témoignent peu mais qui, surtout, ne sont pas entendus par une population qui veut "tourner la page" (des ouvrages tels Si c'est un homme (1947) de Primo Levi ou La nuit (1955) d'Elie Wiesel qui ne rencontrent qu'un faible lectorat)
- une action forte des associations d'anciens déportés pour faire renaître cette mémoire : le financement de lieux de mémoire (1953 : pose de la première pierre du mémorial du martyr juif inconnu) et obtenir des avancées législatives (1964 : loi sur l'imprescriptibilité des "crimes contre l'Humanité")

photo mémoire juive - pose première pierre mémorial martyr juif inconnu
- une mémoire qui renait de l'étranger : une forte médiatisation du procès Eichmann (1961, Israel) qui libère la parole de nombreux anciens déportés

photo mémoire juive - procès Eichmann 1

photo mémoire juive - procès Eichmann 2

photo mémoire juive - procès Eichmann 3

- une "mémoire pétainiste" qui émerge rapidement même si elle reste marginale
- une mémoire falsifiée qui repose sur la défense du maréchal Pétain lors de son procès : les théories du "double jeu" (une politique de collaboration pour mieux masquer l'aide apportée aux Alliées ?) et du "glaive et du bouclier" (une actions concertée entre Vuchy et la Résistance pour combattre l'Allemagne nazie, l'un par les armes, l'autre en protégeant au mieux les Français pendant l'occupation)
- des mouvements d'extrême-droite qui, dès la mort de Pétain, réclament sa réhabilitation, la révision de son procès et le tranfert de ses cendres à l'ossuaire du Douammont

brochure mémoire pétainite - réhabilitation Pétain
- une "mémoire pétainiste" reprise également par des historiens : Histoire de Vichy de R. Aron


- d'autres mémoires, plus catégorielles, qui peinent à se faire entendre

- des anciens combattants et des prisonniers de guerre qui réclament la reconaissance de leur engagement et de leurs souffrances et portent des revendications matérielles

- des réquisitionnés du STO qui demandent un statut de "déporté du travail" qu'ils n'obtiennent pas

 
Bilan

- une "mémoire officielle" qui sature l'espace public et peine à laisser dela place aux autres mémoires jusqu'aux années 1960 / 1970
- une "mémoire désunie" (O. Wievorka)

 

II - Des années 1970 aux années 1990, un "réveil des mémoires" ?

- 1970 : la mort du général de Gaulle, principal fondateur et promotteur du "mythe résistancialiste"
- les années 1970 : l'arrivée à l'âge adulte de la première génération n'ayant pas vécu la guerre

- deux événements concommitants qui lèvent des tabous et permettent un regard plus juste, plus nuancé, plus cru sur la période de la Seconde Guerre mondiale

- une contestation croissante de la "mémoire officielle"
- un réveil des autres mémoires

A - Un "mythe résistancialiste" battu en brèche

- un mythe contesté à partir des années 1970
- une contestation qui s'étend, s'intensifie et se traduit progressivement par la disparition de cette "mémoire officielle"

- une contestation venue d'abord des histoirens