2 - En RFA, un SPD au réformisme assumé

- deux partis socialistes qui coexistent à la création de la RFA en 1949
- le KPD : un parti marxiste et révolutionnaire
- un SPD un parti au positionnement plus ambigu qui affirme des orientations marxistes mais se comporte comme un parti réformiste

- les premières élections libres remportées par la CDU de Konrad Adenauer
- un KPD qui réalisé des scores très faibles : un parti perçu comme "parti de l'étranger" au point d'être interdit de 1956 à 1968
- un SPD qui obtient des scores plus importants mais insuffisants pour gouverner et connait un recul durant les années 1950 : une incertitude sur la ligne, une divergence entre discours et actes qui se traduisent par des revers électoraux répétés

- un mouvement syndical qui demeure fort cependant
- une confédération syndicale qui se recrée au sortir de la Seconde Guerre mondiale : la DGB
- une confédération large : des syndicats marxistes, révolutionnaires, chrétiens...
- un poids important qui permet d'obtenir de réelles avancées
- la mise en place d'une cogestion garantie par la loi d'abord dans le secteur des mines et de la sidérurgie (1951) puis dans toutes les entreprises côtées en bourse (1952)

schéma mouvement socialiste RFA - cogestion
- une pratique de la cogestion qui conduit la DGB à se débarasser de ses oripeux marxistes pour assumer une stratégie et un positionnement réformistes

- une puissance syndicale qui ne se traduit pas dans la vie politique : un SPD en recul
- la nécessité d'une clarification idéologique
- le congrès  de Bad-Godesberg (1959) : l'abandon de la doctrine marxiste et un réformisme assumé, l'affirmation de l'attachement à la démocratie et aux libertés individuelles, l'acceptation de l'économie capitaliste et la volonté d'oeuvrer pour une "économie sociale de marché", la garantie d'une RFA ancrée au "bloc de l'ouest"

photo mouvement socialiste RFA - congrès Bad Godesberg 1

photo mouvement socialiste RFA - congrès Bad Godesberg 2
- une clarification idéologique qui permet au SPD de retrouver une dynamique

- l'émergence d'un dirigeant moderne et médiatique : Willy Brandt

photo mouvement socialiste RFA - Willy Brandt

photo mouvement socialiste RFA - Willy Brandt Berlin
- des scores électoraux croissants qui contraignent, en 1966, la CDU à forme un gouvernement de coalition : une première participation au pouvoir depuis la création de la RFA
- une victoire électorale en 1969 : un gouvernement dirigé par le SPD
- une chancellerie occupée par W. Brandt (1969 - 1974) puis Helmut Schmidt (1974 - 1982)

photo mouvement socialiste RFA - Helmut Schmidt
- des réformes nombreuses et importantes

- des réformes sociales : l'extension de la cogestion aux petites entreprises, un soutien aux familles modestes (allocations, bourses scolaires), une protection sociale accrue (hausse des salaires, "journée de 8 heures")...
- des réformes sociétales : dépénalisation de l'homosexualité, simplification du divorce, légalisation de l'avortement, protection de l'environnement...
- une diplomatie réorientée : l'Ostpolitik

- des avancées obtenues grâce à l'appui d'un mouvement syndical puissant
- une DGB  qui, par sa capacité de mobilisation (6,7 millions d'adhérents) et sa puissance financière, fait peser la menace de grèves longues qui suffisent à faire déboucher les négociations sociales

- une orientation réformiste qui suscite des oppositions au sein de la mouvance socialiste
- une extrême gauche qui s'organise dans la clandestinité après l'interdiction du KPD dans les années 1950
- des révoltes, notamment dans le milieu étudiant (1968, 1969)
- des groupes terroristes armées qui organisent des violences, perpetrent des assassinats, des enlevements : la "Fraction Armée rouge" (FAR) ou la "bande à Baader"

photo mouvement socialiste RFA - violences extrême gauche
- un SPD qui répond par la fermeté : une répression implacable du terrorisme

- un SPD touché par l'usure du pouvoir
- un SPD affaibli par la crise économique qui lui retire le soutien d'une partie du monde ouvrier

graphique mouvement socialiste RFA - vote ouvrier SPD
- une défaite électorale en 1982 : le retour au pouvoir de la CDU dirigée par Helmut Kohl

- un retour dans l'opposition

- un retour dans l'opposition qui marque le début d'une crise pour le SPD : des scores électoraux qui reculent

graphique mouvement socialiste RFA - scores électoraux SPD 1

graphique mouvement socialiste RFA - scores électoraux SPD 2
- une crise du socialisme politique qui se traduit également par un recul du poids syndical, affecté par la crise



B - Un mouvement socialiste qui tente de se retrouver depuis la réunification allemande (depuis 1990)

- la chute du mur de Berlin, coup d'envoi du processus de réunification
- un processus porté par Helmut Kohl, partisan d'une unité rapide : une conviction imposée aux allemands et aux puissances occupantes
- mars 1990 : premières élections libres en RDA, une victoire de la CDU qui affirme sa volonté d'une unité rapide
- août 1990  signature par les deux Etats allemands d'un traité d'unification
- septembre 1990 : signature du traité "2 + 4" par lequel les puissances occupantes enterinent la réunification
- 3 octobre 1990 : entrée en vigueur de l'unité allemande

- une réunification qui modifie le paysage politique allemand
- un SED qui se dissout mais un PDS qui se forme pour représenter les marxistes révolutionnaires

photo mouvement socialiste après réunification - PDS
- un SPD qui demeure, fidèle à sa ligne réformiste

- une réunification allemande... mais pas du mouvement socialiste

- des élections dans l'Allemagne réunifiée en 1990
- un PDS au score résiduel
- un SPD largement devancé par la CDU qui profite davantage de la réunification

- un maintien dans l'opposition
- une crise qui se poursuit et s'amplifie même par l'apparition de partis concurrents à gauche : les Verts
- une crise qui se traduit également par un affaiblissement du mouvement syndical

- un regain à partir du milieu des années 1990
- une usure du pouvoir pour la CDU
- l'émergence d'un leader moderne pour le SPD, Gherard Schroeder

photo mouvement socialiste après réunification - G
- le choix d'une stratégie d'alliance avec les Verts

- une victoire aux élections de 1998 qui ramène le SPD au pouvoir, en coalition avec les Verts

- un tournant idéologique
- des idées socialistes toujours affirmées mais une politique profondément libérale
- 2000 : une remise en cause de la "journée de 8 heures"
- 2003 : un "agenda 2010" (ou "lois Hartz") qui,  pour assurer la compétitivité de l'économie et des entreprises allemandes, flexibilise le travail et rogne sur les acquis sociaux

- un tournant majeur : un parti de centre-gauche qui assume son évolution en pronant la stratégie du "Neue Mitte" ("nouveau centre")

photo mouvement socialiste après réunification - stratégie Neue Mitte

affiche mouvement socialiste après réunification - affirmation valeurs socialistes
- un tournant qui marque une rupture entre le SPD et des syndicats qui se mobilisent contre les "lois Hartz"

caricature mouvement socialiste après réunification - lois Hartz

photo mouvement socialiste après réunification - rupture SPD syndicalisme lois Hartz 2

photo mouvement socialiste après réunification - rupture SPD syndicalisme lois Hartz 1
- un tournant qui détourne du SPD une partie de l'électorat populaire

- une défaite électorale en 2005 au profit de la CDU d'Angela Merkel qui renvoie le SPD dans l'opposition

- un retour dans l'opposition qui se traduit par une crise d'identité
- un "virage libéral" pas toujours assumé et critiqué par une partie des adhérents

- une crise d'identité qui génère une recomposition la paysage politique du mouvement socialiste allemand
- des militants du SPD, en désaccord avec les orientations trop libérales et souhaitant rester fidèles à la traditon réformiste, qui, dès 2005, le quittent pour fonder un autre parti : WASG (Alternative électorale - travail, justice sociale)
- d'autres militants du SPD, plus radicaux, qui rejoingnent le PDS rebaptisé Linkspartei (Parti de gauche)
- une fusion entre WASG et Linspartei en 2007 pour former un parti unique à la gauche du SPD : Die Linke, dirigée par un ancien responsable du SPD, Oskar Lafontaine

photo mouvement socialiste après réunification - die Linke 1

photo mouvement socialiste après réunification - die Linke 2

- un nouveau parti qui revendique l'héritage historique du socialisme allemand et refuse toutes les solutions libérales
- un parti qui d'emblée réalise une percée électorale : 12 % des voix aux élections législatives de 2009 alors que le SPD réalise un score historiquement bas

graphique mouvement socialiste après réunification - élections législatives 2009

- une crise d'identité profonde qui se traduit par un recul et des revers électoraux répétés

graphique mouvement socialiste après réunification - élections législatives 2002 2009

carte mouvement socialiste après réunification - élections législatives 1990
- une crise multiforme

- une crise idéologique : le besoin de trancher entre une orientation libérale et une fidélité aux valeurs historiques du réformisme socialiste
- une crise du positionnement politique : la nécessité de choisir entre une alliance au centre avec la CDU ou l'alliance à gauche avec les Verts et die Linke ; un choix qui semble tranché par la participation à un gouvernement de coalition avec la CDU
- une crise du syndicalisme : un tournant du SPD qui fait voler en éclat la cogestion ; des syndicats qui se tournent vers un syndicalisme de confrontation et de lutte, des grèves qui se multiplient et se durcissent ; des effectifs syndicaux qui reculent régulièrement...

graphique mouvement socialiste après réunification - affaiblissement syndicalisme

photo mouvement socialiste après réunification - grève Ford 2006