II - De 1914 à 1945 : de la scission à l'anéantissement du mouvement ouvrier et du socialisme allemands

- la Première Guerre mondiale, un tournant pour le mouvement socialiste allemand
- une division quant à l'attitude à tenir face à la guerre : le début d'une déchirure porteuse d'un affaiblissement durables
- un affaiblissement qui s'amplifie avec l'avèneent du régime nazi : vers l'anénantissement du mouvement socialiste allemand

A - De la Première Guerre mondiale à la République de Weimar : un mouvement socialiste qui se déchire

- des divisions qui ressurgissent avec la première Guerre mondiale
- une déchirure qui ne se referme pas mais se creuse parès la guerre, pendant la République de Weimar

1 - Un mouvement socialiste qui se fracture avec la Première Guerre mondiale

- une guerre qui semble certaine dès le début du XXème siècle
- un conflit probable qui divise profondément les socialistes allemands
- des révolutionnaires hostiles à apporter le moindre soutien au conflit, qu'ils perçoivent comme une guerre voulue par la bourgoisie pour conforter ses intérêts et affaiblir le monde ouvrier : la volonté d'unir tous les travailleurs européens et de déclencher une grève générale pour l'empêcher
- des réformistes prêts à soutenir l'entrée en guerre, convaincus que l'Allemagne fait figure d'agressée et qu'un tel soutien pourra apporter des avancées au monde ouvrier

- une guerre qui éclate en août 1914
- des socialistes qui, après des débats âpres, finissent par soutenir l'effort de guerre

- un vote unanime des crédits de guerre
- une adhésion à l' "union sacrée" (gouvernement réunissant toutes les familles politiques pour faire taire les divisions pour affronter unis le péril de la guerre) proposée par Guillaume II

une mouvement socialiste 1ère GM - union sacrée

carte postale mouvement socialiste 1ère GM - union sacrée

- des socialistes qui soutiennent l'effort de guerre en contrepartie d'avancées sociales 
- le vote par le SPD de la loi sur le service civil qui permet l'instauration du paritarisme (Communauté centrale du travail)

- une position majoritaire mais pas unanime
- des voix qui se font entendre, parmi les socialistes révolutionnaires, pour dénoncer le soutien à la guerre : Karl Liebknecht et Rosa Luxembourg, exclus du SPD en 1915 pour tenter d'étouffer une contestation croissante
- des socialistes révolutionnaires qui fondent, en janvier 1916, la Ligue spartakiste puis, voyant leur influence croître, un nouveau parti socialiste, l'USPD (Parti social-démocrate allemand)

- un SPD qui tente d'éviter une scission trop profonde en faisant évoluer son orientation (vote d'une résolution réclamant la paix en 1917)
- un maintien dans l' "union sacrée" qui rend impossible toute réconciliation des socialistes

- une Première Guerre mondiale qui marque une rupture profonde au sein du mouvement socialiste allemand
- une rupture qui se creuse encore après la guerre : une fracture plus structurelle que conjoncturelle

2 - Une fracture qui se creuse au sortir de la guerre et pendant la République de Weimar

a - L'après-guerre : une rupture profonde au sein du mouvement socialiste

- une défaite de l'Allemagne qui se profile à partir de l'été 1918
- un régime impérial affaibli, considéré comme responsable de la défaite imminente mais aussi des conditions de vie catastrophiques
- une instabilité politique croissante

- un contexte que les révolutionnaires considèrent comme propice à leurs visées
- une vague révolutionnaire qui s'étend
- l'insurrection des marins de Kiel ; des conseils révolutionnaires qui se multiplient dans le pays ; une tentative de secession socialiste en Bavière...

carte mouvement socialiste après 1ère GM - insurrection révolutionnaire

- un mouvement insurrectionnel momentanément freiné par l'abdication de Guillaume II (9 novembre), la signature de l'armistice (11 novembre) et la proclamation de la République
- une République proclamée par les dirigeants du SPD, Scheidemmann et Ebert

dessin mouvement socialiste après 1ère GM - proclamation République

photo mouvement socialiste après 1ère GM - P

photo mouvement socialiste après 1ère GM - F

- une vague insurrectionnelle qui reprend rapidement cependant
-  des grèves, des violences... : une insurrection spartakiste menée par K. Liebknecht et R. Luxembourg qui créent le KPD (Parti communiste allemand)

photo mouvement socialiste après 1ère GM - révolution spartakiste 1

photo mouvement socialiste après 1ère GM - révolution spartakiste 2

- un risque réel de révolution communiste inspirée par la révolution russe de 1917

- une réaction du patronat : des négociations avec la Confédération générale des syndicats pour négocier des avancées sociales contre l'absence de soutien à l'insurrection spartakiste (accord  Stinnes / Liegen)

- une réaction du gouvernement dirigé par le SPD : une répression violente menée par les corps-francs, une "semaine sanglante" (9 au 16 janvier 1919)

photo mouvement socialiste après 1ère GM - répression révolution spartakiste 1

photo mouvement socialiste après 1ère GM - répression révolution spartakiste 2

- 1500 spartakistes assassinés, dont K. Liebknecht et R. Luxembourg

gravure mouvement socialiste après 1ère GM - répression révolution spartakiste

photo mouvement socialiste après 1ère GM - répression révolution spartakiste 3

- une fracture désormais profonde et irrémédiable au sein du mouvement socialiste allemand
- un SPD réformiste qui s'impose comme un pilier de la République de Weimar et obtient quelques réformes sociales

affiche mouvement socialiste après 1ère GM - élection Constituante

- des spartakistes qui forment le KPD, restent fidèles à la ligne révolutionnaire et dénoncent la "trahison" du SPD

affiche mouvement socialiste après 1ère GM - KPD spartakiste

- un combat féroce entre les deux branches de la famille socialiste

affiche mouvement socialiste après 1ère GM - affrontement SPD KPD

photo mouvement socialiste après 1ère GM - affrontement SPD KPD

b - Une fracture qui se creuse pendant la République de Weimar

- deux mouvements socialistes côte-à-côte, parfois face-à-face
- un SPD clairement engagé dans la voie du réformisme
- un KPD qui affirme son marxisme révolutionnaire

- le SPD, un parti de gouvernement qui abandonne toute tenation révolutionnaire, participe à la vie démocratique et aux coalitions gouvernementales

affiche mouvement socialiste Weimar - SPD parti démocratique

- un parti puissant qui obtient des avancées sociales : la nationalisation de secteurs industriels stratégiques, la création des "conseils d'entreprise", le droit à l'instruction, le droit de vote des femmes, la rémunération plus importante des heures supplémentaires, le financement public de logements pour les ouvriers, la journée de 8 heures, l'assurance chômage...

affiche mouvement socialiste Weimar - avancées sociales SPD

- des avancées obtenues grâce à l'appui d'un mouvement syndical puissant : la création de l'AGB qui rassemble 8 millions de salariés allemands dans les années 1920
- un contexte rapidement difficile pour le SPD au pouvoir : une situation économique et sociale désastreuse du fait de la guerre, des réparations de guerre et de la crise de 1929

photo mouvement socialiste Weimar - crise de 1929

- un SPD contraint de prendre des mesures impopulaires (blocage des salaires), rendu responsable des difficultés, y compris par le monde ouvrier
- des scores électoraux qui reculent ; des syndicats qui perdent des adhérents (3,5 millions en 1932)

graphique mouvement socialiste Weimar - scores électoraux SPD

- une menace nazie grandissante mais un refus de s'allier au KPD, assimilé à une  menace similaire et aussi grave contre la démocratie

affiche mouvement socialiste Weimar - lutte SPD contre KPD et NSDAP 1

affiche mouvement socialiste Weimar - lutte SPD contre KPD et NSDAP 2

- le KPD, un parti révolutionnaire qui entend organiser les ouvriers, leur donner une "conscience de classe", préparer la révolution et l'avènement de la société communiste

tableau mouvement socialiste Weimar - unité monde ouvrier KPD

affiche mouvement socialiste Weimar - KPD parti révolutionnaire

photo mouvement socialiste Weimar - KPD parti révolutionnaire
- un parti à l'origine de troubles et de violences insurrectionnelles... fermement réprimés par le gouvernement

photo mouvement socialiste Weimar - action révolutionnnaire KPD 1

photo mouvement socialiste Weimar - action révolutionnnaire KPD 2
- un parti qui prône un syndicalisme révolutionnaire : la création du RGO, concurrent de l'AGB, mais qui demeurera minoritaire

- un parti qui refuse d'adhérer à la IIème Internationale réformiste et participe à la IIIème Internationale révolutionnaire dirigée par le parti communiste d'URSS

- un parti puissant et populaire au sortir de la Seconde Guerre mondiale pour ses psoitions hostiles à la République de Weimar, rejetée par de nombreux allemands
- un parti dont le poids recule ensuite, notamment du fait de sa trop faible implantation dans le mouvement syndical
- un changement d'orientation à la demande de Staline à partir de 1928 : la stratégie "classe contre classe"
- la condamnation et le refus de toute alliance avec tous les "partis bourgeois" : extrême-droite, droite et socialistes réformistesµ- une cible privilégiée : le SPD, considéré comme un parti ayant trahi la classe ouvrière

affiche mouvement socialiste Weimar - KPD trahison SPD
- un contexte de crise au début des années 1930 favorable à la croissance du KPD

- des scores électoraux qui progressent... mais moins vite que ceux du NSDAP

carte mouvement socialiste Weimar - poids électoral croissant KPF
- un refus de toute alliance avec le SPD malgré l'imminence de la menace nazie

- une division profonde et durable du mouvement socialiste allemand largement responsable de l'arrivée au pouvoir des nazis