- une résurgence de la "mémoire de la Shoah" qui doit faire face à l'apparition d'un nouveau courant : le négationnisme
- un courant qui nie ou minimise le génocide des juifs commis par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale
- un courant qui nait à la fin des années 1970 sous l'impulsion de travaux d'universitaires (Robert Faurisson) repris par les médias (interview de L. Darquier de Pellepoix dans L'Express, en 1978)
- des propos qui choquent : "à Auschwtiz, on a gazé que des poux" (L. Daruqier de Pellepoix), la "rumeur Auschwitz" (R. Faurisson)
- une réaction jugée nécessaire mais qui suscite le débat sur la pertinence des lois mémorielles
- le vote de la loi Gayssot (1990) qui punit l'expression du négationnisme


Bilan

- des mémoires qui, depuis les années 1970, rompent avec le mythe officiel du résistancialisme
- un "réveil des mémoires "qui permet l'émergence de "mémoires plurielles" (de la Résistance, de la déportation, de la Shoah, des anciens combattants français ou étrangers...)

carte réveil des mémoires - lieux de mémoire depuis 1975

 

III - A partir des années 1990, des Français enfin en paix avec leur passé ?

- un nouveau tournant majeur dans les années 1990
- l'arrivée au pouvoir de la première génération n'ayant pas vécu la guerre comme actrice : une libération de la parole ; un regard objectif plus facile sur le passé
- des polémiques et des débats qui demeurent cependant quant à la mémoire de la Seconde Guerre mondiale

A - Une mémoire plus consensuelle : l'indispensable "travail de mémoire"

- l'élection de J. Chirac (1995), premier Président depuis 1945 à n'avoir pas été acteur de la Seconde Guerre mondiale : un tournant majeur
- un discours qui fait date (16 juillet 1995, commémorations de la rafle du Vel d'Hiv') : la reconnaissance de la responsabilité "de Français, de l'Etat français" dans les crimes commis pendant la Seconde Guerre mondiale et notamment la Shoah
- une position qui prend le contre pied de ses prédecesseurs qui refusaient de reconnaître à Vichy la moindre légitimité et donc de s'excuser au nom de la France que Vichy n'incarnait pas selon eux
- une position qui permet enfin à la France de regarder son passé avec objectivité

- le discours de J. Chirac, un tournant qui en génère d'autres
- une loi pour indemniser les familles juives spoliées de leurs biens par le régime de Vichy (1999)
- la reconnaissance par la SNCF, en 2010, de sa responsabilité dans la mise en oeuvre du génocide (transport des juifs vers les camps de transit puis d'extermination) : l'édification d'un mémorial sur le site de l'ancienne gare de Bobigny
- la reconnaissance, dans la foulée, de leurs responsabilités par la police, l'Eglise...
- 2012 : F. Hollande réaffirme la position de J. Chirac et la reconnaissance par la France de ses responsabilités

- un tournant qui irrigue l'ensemble de la sociétés et rejaillit notamment dans la sphère médiatique

une mémoire consensuelle - une 2009

photo mémoire consensuelle - émission TV rafle Vel d'Hiv'

- un regard plus apaisé, plus objectif sur le passé qui permet une "réconciliation des mémoires"

- des mémoires désormais plurielles, qui cohabitente

- une mémoire résistante qui se perpétue et demeure forte
- une mémoire entretenue et véhiculée par l'Etat au travers de commémorations, d'édification de nouveaux lieux de mémoires (plateau des Glières depuis 2007)

photo mémoire consensuelle - mémoire Résistance Glières

- une mémoire diffusée par l'école : le concours nationale de la Résitance et de la Déportation, la volonté de N. Sarkozy d'intensifier cet aspect dans les programmes scolaires (lecture annuelle de la lettre de Guy Moquet aux lycéens)
- une mémoire entretenue par des associations qui témoignent auprès des jeunes générations, qui édifient des lieux de mémoire (maquis du Vercors)

photo mémoire consensuelle - mémoire Résistance témoignage Lucie Aubrac

photo mémoire consensuelle - mémoire Résistance mémorial Vercors
- une mémoire entretenue (instrumentalisée ?) par certains partis politiques

affiche mémoire consensuelle - mémoire Résistance affiche PCF

- une volonté de continuer d'honorer la Résistance et les résistants, de transmettre aux nouvelles générations leur héritage mais aussi de reconnaître la Résistance dans la diversité de ses composantes
- l'entrée au Panthéon, décidée en 2014 par F. Hollande, de 4 figures de la Résistance qui en incarnent la diversité : Geneviève Anthonioz-de-Gaulle, Germaine Tillion, Jean Zay et Pierre Brossolette

- une mémoire de la Shoah qui demeure forte et s'ancre dans la société
- une mémoire véhiculée par l'Etat : l'édification de nouvelles commémorations (16 juillet : journée en hommage aux "Justes parmi les nations" depuis 1995) ; l'instauration de nouveaux lieux de mémoire (à Drancy, lieu du camp de transit pour les futurs déportés de la France occupée)

photo mémoire consensuelle - mémoire de la Shoah commémoration Justes

photo mémoire consensuelle - mémoire de la Shoah mémorial Drancy

- une mémoire diffusée par l'école (Concours national de la Résistance et de la Déportation)

affiche mémoire consensuelle - mémoire Shoah concours Résistance et déportation 2009

- une action des associations d'anciens déportés, de leurs enfants et de leurs petits-enfants également : l'inauguration d'un mémorial de la Shoah (1995) à Paris, lieu de mémoire et lieu de recherche et d'enseignement sur le génocide

photo mémoire consensuelle - mémoire de la Shoah mémorial Shoah 2

photo mémoire consensuelle - mémoire de la Shoah mémorial Shoah 4

photo mémoire consensuelle - mémoire de la Shoah mémorial Shoah 3
- une mémoire des "malgré nous", enfin reconnus comme "victimes du nazisme"

- une mémoire des soldats venus des colonies pour combattre le nazisme : la sortie du film Indigènes en 2006 ; la revalorisation des anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale venus des colonies

affiche mémoire consensuelle - mémoire soldats colonies Indigènes